DES CENTAINES DE TIBETAINS ENLEVES (février 2012)

De retour d’un pélerinage au Népal, des centaines de tibétains ont été arrêtés à la gare de Lhassa par les forces de l’ordre et emmenés dans un lieu inconnu pour y être interrogés sur leurs supposées activités politiques.

source: tibet-info.net

LA POLICE CHINOISE TIRE SUR LES MANIFESTANTS TIBETAINS (janvier 2012)

En marge des immolations qui n’ont eu de cesse depuis mars 2011, les tibétains réagissent et manifestent, tentant de s’interposer entre la police chinoise et les désespérés en feu car les policiers, alertés par les cris, accourent non pour porter secours mais pour tabasser les “immolés” avec un bâton renforcé de clous.

depuis le début de l’année 2012, dans les provinces de Ngaba, Ganzu et Kardzé, les foules qui se pressaient autour des hommes en feu ont été prises pour cible: des manifestants auraient déjà trouvé la mort - dont une femme âgée - et plusieurs blessés. Les 22, 23 et 24 janvier 2012, des manifestations au cours desquelles des drapeaux tibétains (interdits) étaient agités et des slogans prônant la liberté étaient scandés, ont été durement réprimées également par la police qui tire à vue sur les manifestants désarmés: en tout au moins 6 morts et des dizaines de blessés qui seraient soignés et cachés par leurs proches qui craignent maintenant pour leur sécurité et n’osent pas les transporter à l’hôpital.

les responsables politiques chinois annoncent déjà qu’ils prévoient de fermer le Tibet aux étrangers et aux journalistes pendant un mois à compter de la mi-février 2012 (ie pour les fêtes du Losar, qui auront lieu du 22 au 24 février 2012. ils prévoient aussi d’isoler les régions “à risque” en coupant le téléphone et l’internet.

source: Tibetinfo.net, le parisien, le nouvelobs.com, courrierinternational,

TIBETAINS EXHIBES EN PUBLIC (décembre 2011)

Selon l’organisation FREE TIBET, de nombreux tibétains arrêtés par la police ont été exhibés au public dans les rues avec des pancartes portant leur nom et le crime dont les autorités chinoises les accusent.

Comme au temps de la Révolution Culturelle, ces tibétains ont été contraints à défiler dans la rue et forcer à baisser la tête, les bras dans le dos (pancarte bien visible), ou encore alignés dans un camion, la tête et la pancarte bien visibles hors du camion.

Source: Tibet-info.net

PREMIERES ARRESTATIONS DE CHRETIENS AU TIBET (déc 2011)

Le 7 octobre 2011, 11 chrétiens ont été arrêtés par la police chinoise à Lhassa, ce qui semble être la première persécution de chrétiens dans la RAT et ont longuement été interrogés par la police.

Rappel: la religion chrétienne n’est pas reconnue par les autorités chinoises et n’est donc pas autorisée. Les pratiquants sont poursuivis pour rassemblement illégal.

Source: lemonde.fr

ARRESTATION ARBITRAIRE (novembre 2011)

Le 1er novembre 2011, LHATEN, un fermier tibétain de 44 ans, a été appelé à l’école de son enfant puis y a été arrêté. Depuis lors, sa famille est sans nouvelle de lui. Cette arrestation arbitraire pourrait être la conséquence de son témoignage en 2008 dans le documentaire de Dhondup Wangchen, dans lequel il témoignait des difficultés rencontrées par les tibétains. L’auteur du documentaire a été arrêté depuis et condamné à 6 ans de prison.

Une pétition de soutien est disponible sur tibet-info.net.

source: tibet-info.net

IMMOLATIONS EN NOMBRE AU TIBET (à compter du 17 mars 2011 avec mises à jour)

16 moines et nonnes tibétains se sont immolés par le feu pour protester contre l’invasion chinoise et le génocide humain et culturel dont le peuple tibétain est victime depuis 1949.

Urgence Tibet tient à nommer tous ces jeunes moines et nonnes qui ont voulu sacrifier leur vie. Les policiers venus auprès d’eux les ont battus avant d’éteindre le feu et ont interdit à la population témoin de leur geste désespéré de leur venir en aide. Certains sont morts des suites de leur geste; ceux qui ont survécu sont au secret sous haute surveillance dans des hôpitaux chinois.

16 mars 2011: Lobsang Phunstok, 19 ans, du monastère de Kirti, préfecture d’Aba, Tibet Oriental, s’immole le jour du 3ème anniversaire des meurtres d’au moins 10 tibétains au monastère de Kirti (16 mars 2008, en protestation contre les JO de Pékin du 08.08.2008). 15 août 2011: Tsawang Norbu, 29 ans, moine au monastère de Nyitso (préfecture de Kardzé - Kham). 26 septembre 2011: Lobsang Kelsang, 18 ans et frère de Lobsang Phunstok, et Lobsang Kunchog, moines à Ngaba (province de l’Amdo). 3 octobre 2011: Kelsang Wangchuk, 17 ans, moine à Ngaba. 7 octobre 2011: Choepal, 19 ans et Khaying, 18 ans, anciens moines du monastère de Kirti. 16 octobre 2011: Norbu Dathdul, 19  ans, s’immole dans le Sichuan. 17 octobre 2011, une nonne s’immole par le feu à Ngaba. 25 octobre 2011: Dawa Tsering, préfecture de Kardzé. 3 novembre 2011: Palden Choetso, nonne tibétaine originaire de Kardzé, se sacrifie en Chine; 1er décembre 2011: Tenzin Phunstok, ex moine du monastère de Karma, préfecture du Chamdo, s’est immolé par le feu et est décédé des suites de ses blessures 5 jours plus tard (1ère immolation dans la RAT); Tsultrim (moine) et Tenyi (laïc) - une vingtaine d’années - se sont immolés ensemble en face du monastère de Kirti, province de Ngaba le 06.01.2012: ensemble, ils ont réclamé le retour du Dalaï Lama et sont morts de leur geste désespéré; Sonam Wangyal, 42 ans, moine, s’est immolé à Dharlag en demandant la restauration de la liberté au Tibet et le retour du Dalaï Lama, et il a succombé à ses blessures; Lobsang Jamyang, laïc, s’est immolé le 14.01.2012: la police l’a battu sauvagement et la foule s’est interposée (voir article sur les tirs de la police sur les manifestants).

Le parlement européen a fait une déclaration officielle contre la répression chinoise le 26 octobre 2011, lors d’une séance plénière: dec-parlement-ue-26102011.

Le congrès des Etats Unis d’Amérique dénonce la politique répressive qui mène aux immolations et la violence de la réponse chinoise dans un rapport le 23 décembre 2011: rapport du congrès américain (23.12.2011)

Si le Tibet est à nouveau accessible aux touristes depuis juillet 2011, certaines régions sont encore très surveillées et soumises à des conditions d’accès draconiennes. de plus, selon les tibétains qui ont réussi à s’enfuir récemment, le contrôle et la répression se sont intensifiés cette année.

source: tibet-info.net; site du parlement européen; figaro.fr, lemonde.fr, libé.fr, leparisien.fr etc.

RESULTATS DES ELECTIONS DU PARLEMENT ET DU 1er MINISTRE (27 & 28 avril 2011)

Le Kalon Tripa (1er ministre) de l’Administration Tibétaine en Exil (CAT) a été élu dimanche: il s’agit de Lobsang Sangay, 43 ans, dont la famille s’est réfugiée en Inde dans les années 60, et qui est aujourd’hui chercheur en Droit à Harvard (doctorat en droit à Harvard en 2004, sa thèse portait sur “la démocratie et l’histoire du gouvernement tibétain en exil”) .

Par ailleurs, le 15ème Parlement a également été élu: 42 députés (28 députés des trois provinces U-Tsang, Kham et Amdo; 8 représentants des 4 écoles du bouddhisme Kagyu, Nyingma, Sakya, Gelug; 2 représentants de la religion Bön; 2 députés pour l’Europe et 2 pour l’Amérique du Nord).

Ils prendront leurs fonctions en septembre pour 5 ans. Le Dalaï-Lama ayant fait modifier la constitution afin de pouvoir prendre sa retraite politique, il faut attendre la ratification de cette nouvelle constitution pour que le Kalon Tripa puisse avoir les pleins pouvoirs exécutifs.

source: bureau du tibet, tibet-info.net, tibet.net;

LA HAUTE COUR INTERNATIONALE D ESPAGNE RECONNAIT LE GENOCIDE ET LES CRIMES COMMIS AU TIBET

UN MOINE S’IMMOLE PAR LE FEU ET LES MANIFESTATIONS A NGABA (15 mars 2011; 4, 16 & 23 avril 2011)

Phunstok, un moine de 21 ans du monastère de Kirti à Ngaba (nord du Sichuan), s’est immolé par le feu le 16 mars 2011 en réclamant un Tibet Libre et le retour du Dalaï-Lama . Les témoins n’ont pas pu empêcher son geste ni éteindre le feu, car la police les en aurait empêchés. Il y aurait eu 8 arrestations (Phalko, 40 ans, instituteur, Dorjé, 35 ans, Ador, 35 ans, Tenzin, moine…). voir un témoignage amateur (mars 2011)

Par la suite, le monastère de Kirti a été bouclé et le 21 avril, 300 moines parmi les 2500 ont été arrêtés et emmenés dans des camions jusqu’à une destination inconnue (on est sans nouvelles) pour y être ré-éduqués.

Les policiers sont restés au village jusqu’au 28 mars pour interroger les habitants et les forcer à surveiller le monastère de Kirti, les menaçant d’amendes s’ils refusaient de surveiller la population monastique. Dans un premier temps, les villageois se sont rendus au monastère mais ils ont fait des prières et ont entouré celui-ci pour faire barrage avec leur corps, et ont refusé de rapporter aux autorités les faits et gestes des moines. La plupart de ces villageois étaient des personnes âgées qui ont été battues, plusieurs ont été blessés et deux d’entre eux sont morts (Dongbo, 60 ans et Sherki, 65 ans). A leur retour, les villageois ont été mis à l’amende et ont été enregistrés (photos, vidéos).

La zone est totalement interdite aux étrangers (alors que la RAT, région autnome du Tibet, voisine, est déjà fermée aux touristes).

Le 15 avril 2011, le Dalaï-Lama a lancé un appel au calme (cf appel du Dalaï Lama ) et le Kashag en appelle à la communauté internationale.

sources: tibet-info.net; tibetan.fr; tibetpost.com; AFP

DEMISSION DU DALAI-LAMA (10 mars 2011)

Comme il l’avait annoncé l’année dernière, le Dalaï-Lama a déclaré lors de son traditionnel discours de commémoration du soulèvement de Lhassa (10 mars 1959) qu’il déposerait le 14 mars auprès du Parlement un amendement proposant sa démission du rôle de chef politique du gouvernement tibétain en exil.

En effet, depuis son évasion du Tibet, le 17 mars 1959, et son installation en Inde, le Dalaï-Lama n’a eu de cesse d’installer la démocratie au sein du peuple tibétain en exil. Il a ainsi instauré un Parlement élu au suffrage universel, puis un gouvernement avec un Premier Ministre, dont la première élection a eu lieu en 2001. De ce fait, les fonctions législatives et exécutives étant assurées démocratiquement, le Dalaï-Lama estime qu’il doit mettre fin à la théocratie telle qu’elle existait. voir le schéma de l’organisation de l’administration tibétaine en exil CAT (fiche de tibet-info.net)

Toutefois, il ne renonce pas à tout rôle politique et souhaite continuer à porter la parole du peuple tibétain à travers le monde et à prôner la voie médiane comme solution pour la survie du peuple et de la culture tibétains. Pour finir, si le Dalaï-Lama renonce à son rôle de chef politique, il continue à être le guide spirituel des bouddhistes et diffusera encore ses enseignements partout à travers le monde.

sources: lefigaro.fr; lemonde.fr; liberation.fr;tibet-info.net

PAS DE PRINTEMPS POUR LE TIBET ( 7 mars 2011)

Les touristes étrangers sont interdits au Tibet pendant tout le mois de mars et probablement en avril 2011, autour de la date anniversaire des émeutes du 14 mars 2008 (manifestations qui débutèrent à la commémoration du soulèvement de Lhassa et qui avaient pour objectif de faire parler de la situation du peuple tibétain à l’occasion des JO organisés à Pékin en août 2008, et qui avait fait officiellement 20 morts - officieusement 144 morts et de nombreuses arrestations).

Le gouvernement chinois motive cette décision sur le fait que l’hiver rude n’est pas terminé (alors qu’en réalité, début mars il faisait +10°C à Lhassa, comme à Pékin). Il semblerait plutôt que les autorités veuillent éviter les témoins en cas de soulèvement des tibétains après l’annonce du Dalaï-Lama de sa démission de son rôle politique de chef du gouvernement en exil, qu’il tenait depuis 60 ans. Pour l’occasion, les chinois prévoient de renforcer leur présence policière et militaire sur place. Pour la même raison, les feux d’artifice traditionnels ont été interdits pour la célébration du Losar - nouvel an tibétain - le 5 mars 2011 (2138: lièvre de fer).

source: AFP

OPERATION “FRAPPEZ FORT” (10 septembre 2009; 6 mars 2011)

Les aurtorités chinoises ont relancé l’opération “Frappez Fort” dans la RAT (Région Autonome Tibet) avant la commémoration du 60ème anniversaire de la Révolution (1er octobre 2009) dans l’objectif de stabiliser le Tibet. En conséquence, de nombreuses arrestations arbitraires ont eu lieu, des détentions, des expulsions des villes et autres interrogatoires par ciblage. La population des monastères est sous haute surveillance.

Une campagne a été relancée en 2011, le 2 mars à 9 heures, dans les bureaux de la sécurité publique et ceux du Comité du Parti de la ville de Lhassa, et vise à relancer “la lutte contre les activités criminelles” et la défense de l’ordre et de la stabilité sociale, ce qui a eu pour conséquence le déploiement d’engins de combat tout autour de Lhassa (à quelques jours du losar -nouvel an tibétain-, de la commémoration du 10 mars 1959 -émeutes de Lhassa et évasion du Dalaï-Lama-, et des émeutes de mars 2008). 70 personnes ont été raflées dès le 2 mars, quelques heures à peine après que le rappel ait eu lieu. D’autre part, il a été interdit aux tibétains d’allumer des pétards lors du Losar, comme le veut la tradition.

source: tibet-info.net

LA POLITIQUE CHINOISE AU TIBET (25 février 2011)

Jia Qinglin, le président du Comité national de la Conférence consultative Politique du Peuple Chinois (CCPPC), a énoncé que les lois dans la RAT (Région Autonome du Tibet) soutiendront le double objectif du maintien de la stabilité sociale et de l’amélioration de la gestion sociale au Tibet. Cela passera par un renforcement de l’unité ethnique; l’amélioration de la gestion sociale; le maintien de l’harmonie et de la stabilité sociales; la lutte contre la clique du DalaÏ-Lama; le maintien de la protection du peuple (traduire: maîtriser les moines).

source: french.people.com

RESTRICTION DE LA VIE RELIGIEUSE (21 février 2011; 24 mars 2011)

Une nouvelle loi d’application immédiate stipule que les moines bouddhsites du Tibet se verront restreindre leurs relations avec les Lamas et les moines vivant en dehors du pays. De plus, ils ne peuvent plus reconnaître de nouvelle ré incarnation sans l’autorisation expresse des autorités. Celles-ci souhaitent en effet institutionnaliser la méthode de reconnaissance des Tulkous (réincarnations de grands maitres) afin de la gérer et, en même temps, se préparer à désigner le successeur du Dalaï-Lama puisque cette nouvelle loi indique également que les moines vivant en dehors du pays ne sauraient être des réincarnations.

D’autre part, il est à noter que les chercheurs chinois ont estimé que la réincarnation d’un Bouddha vivant devait répondre à trois règles: répondre aux traditions historiques, à la doctrine religieuse et à la réglementation du gouvernement (chinois).

Pour mémoire, le XIème Panchen Lama, deuxième instance religieuse du Tibet, a été reconnu par ses pairs le 14 mai 1995, à l’âge de 6 ans, puis a été enlevé avec sa famille la semaine suivante sans que personne ne l’ait jamais revu (des rumeurs courrent sur le fait qu’un enfant a été enterré dans la prison dans laquelle il était retenu…). Il a été immédiatement remplacé par un panchen lama chinois obéissant aux consignes communistes. Cette supercherie pourrait être réitérée après la disparition de Tenzin Gyatso, XIVème Dalaï-Lama, toujours vénéré par les tibétains malgré tous les efforts des autorités chinoises.

source: Tibet-info.net; french.cri.cn.

EXPLOITATIONS MINIERES AU TIBET (8 décembre 2010; 15 février 2011)

Le 12ème plan quinquennal du gouvernement chinois (2011-2015) prévoit d’augmenter significativement l’exploitation minière du Tibet. En effet, à la fin de l’année 2010 le gouvernement annonce officiellement la découverte de 102 gisements de minerais (cuivre, plomb, zinc, chrome, or… dont certains parmi les plus importants de Chine), pour une valeur de cent milliards de dollars. Ces matières premières seront exploitées sur trois sites principaux. L’exploitation de ceux-ci sera grandement appuyée par le développement accéléré des dessertes - autoroutes et routes, voies de chemin de fer, aéroport - autre point principal du 12ème plan quinquennal, lequel prévoit également l’exploitation des richesses minières du Tibet, pour soutenir la croissance économique de la Chine.

De nombreuses associations internationales s’opposent à l’exploitation de ces nouveaux gisements, qui aura de lourdes conséquences environnementales, alors que la protection de l’environnement est pourtant officiellement au coeur de la politique du gouvernement - dans l’objectif de développer le tourisme.

Le 22 novembre 2010, les moines du monastère de Lingka ont protesté à l’arrivée des ouvriers au site proche du monastère pour faire stopper le travail. La police anti-émeute a essayé de les disperser sans heurts mais en vain. Le Bureau de la Sécurité Publique (PSB) a réprimé les manifestants dans la violence et 15 personnes ont été arrêtées (moines et villageois).

source: Tibet-info.net ; french.china.org ;

RENFORCEMENT DE LA POLITIQUE DE SINISATION (4 décembre 2010; 14 février 2011)

Dans le cadre de sa politique de sinisation du Tibet, les autorités chinoises ont renforcé leur politique d’éducation. En effet, une nouvelle loi vient d’être édictée selon laquelle l’enseignement dans les écoles maternelles (”écoles pré-scolaires”) devra se faire en mandarin et en tibétain, afin de préparer les élèves à recevoir ensuite une éducation en mandarin uniquement (le tibétain est enseigné comme une langue étrangère dans les écoles tibétaines à partir de la 9ème). Cette politique devra être mise en place d’ici 2015. Elle sera gratuite pour les populations rurales et nomades - et payantes pour les populations urbaines. Ce ne serait que le renforcement de ce qui existait déjà pour les enfants de nomades depuis 1985.

Ce nouveau règlement a causé des mouvements de protestation le 19 octobre 2010 à Rebkong (Qinghai) et à Pékin. Les manifestants ont lancé une pétition, qui a reçu 300 signatures d’étudiants et de professeurs à la mi-octobre 2010.

Cette loi n’aura d’autre conséquence que de faire disparaître la langue et au-delà, la culture tibétaine. La langue tibétaine - Bödka, se prononce Tcheuka - est née au 7ème siècle. En 1955 déjà, les autorités chinoises avaient mis en place un politique visant l’extinction de la culture tibétaine (langue, religion, culture) en imposant le mandarin comme langue dominante. Cette décision vient à l’encontre des réglements précédents qui pônaient la protection des cultures minoritaires (accord en 17 points; etc) et qui n’ont jamais été appliqués, puisque tous les textes administratifs, les règlements et les réunions sont en madarin, excluant d’office une grande majorité de tibétains qui ne maîtrisent pas la langue chinoise (source de chômage et de marginalisation, exclusion).

Les chercheurs estiment l’extinction de la langue et de la culture tibétaines dans deux ou trois générations, or les langues sont porteuses de civilisation, de comportement, de pensées.

source: tibet.fr

DISPARITION PROGRAMMEE DE LA LANGUE TIBETAINE (4 décembre 2010; 14 février 2011)

Depuis l’invasion chinoise, en 1950, le mandarin s’est imposé comme la langue officielle de la RAT - Région Autonome du Tibet.

Dans un premier temps, et jusqu’à peu après la Révolution Culturelle Chinoise (66-76), les autorités chinoises ont tenté d’éradiquer la civilisation tibétaine à travers sa culture (langue, religion, culture et société). Les textes tibétains ont disparu (la plupart ont été brûlés) et le mandarin s’est imposé dans tous les textes adminsitratifs. Ce qui avait pour conséquences principales d’obliger les tibétains à apprendre le mandarin ou leur fermait la porte de l’administration locale.

Pourtant, à de nombreuses reprises, les tibétains ont été assurés de la survivance de leur langue (accord en 17 points, signé sous la contrainte par des délégués du Dalaï-Lama).

Aujourd’hui, on assiste à une nouvelle vague de destruction de la langue tibétaine: le gouvernement chinois a instauré une nouvelle loi qui oblige les enfants à recevoir une éducation préscolaire bilingue d’ici 2015, en préparation à l’enseignement en mandarin qu’ils recevront à l’école primaire et secondaire.

sources: french.chinan.org.cn; tibet-info.net

831 PRISONNIERS POLITIQUES TIBETAINS (17 janvier 2011)

Le rapport de janvier 2011 du Centre Tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie, sis à Dharamsala, en Inde du Nord, a établi que 831 prisonniers politiques tibétains étaient détenus dans les prisons chinoises. Ceux-ci sont tous des intellectuels, des écrivains, des blogueurs et des personnalités culturelles en vue.

Ils sont détenus comme criminels mais tous n’ont pas été jugés: 360 d’entre eux ont eu un procès (souvent sans avocat de la défense), dont 9 ont été condamnés à mort (et 2 ont été exécutés), et 12 ont été condamnés à la perpétuité. Les autres sont détenus arbitrairement. Rien qu’en 2010, 188 Tibétains ont été arrêtés, mais “seulement” 71 ont été jugés. Par ailleurs, ce rapport souligne un durcissement des lois au Tibet: d’ici 2015, dans les écoles, la totalité des cours (sauf ceux d’anglais) devra être dispensée en mandarin (avec pour conséquence la disparition de la langue tibétaine), et, en matière religieuse, une interdiction totale faite aux monastère d’entretenir des liens avec les maîtres résidant à l’étranger.

source: tibet-info.net, tibetanreview.nt

POLITIQUE ECOLOGIQUE (13 janvier 2011)

En 2009, 50.000 nomades ont été sédentarisés au motif que l’espace de pastoral était fragilisé par le surpâturage que cette pratique engendrait. Selon les sources chinoises, les troupeaux des nomades auraient triplé. Or, cette méthode ancestrale vise justement à ne pas épuiser les sols par le pâturage excessif des troupeaux en les faisant changer de place selon les saisons. Ce savoir perdurait depuis plusieurs millénaires dans les plaines tibétaines et plus d’un tiers de la population traditionnelle tibétaine de 1949 était nomade. Dans les études sur l’impact écologique de ce mode de vie, il est expliqué que le nomadisme contribue à l’équilibre des paysages et empêcherait l’érosion des sols. Or, au fur et à mesure du déplacement des nomades, l’élevage est devenu agricole: espace cloisonnés et le surpâturage actuel tiendrait en partie au fait que le cheptel a triplé (la population est en constante augmentation: il faut la nourrir), que la politique de l’eau (irrigation et électricité), la déforestation industrielle massive et l’augmentation de la température au niveau planétaire sont les causes de la dégradation des sols et de la sécheresse de certains cours d’eau.

Il est sans doute plus juste de penser que la sédentarisation de force des nomades répond à des exigences de sinistation, en anéantissant une partie de la population, il s’agit de toucher la culture tibétaine dans ces fondements les plus profonds. En effet, aujourd’hui cette population est marginalisée dans des lotissements en périphérie des villes, et maintenue dans un état de très grande pauvreté (afin de ne pas montrer la pauvreté aux touristes de passage et de rester conforme à l’image de développement chinois, les nomades n’ont pas le droit d’entrer à Lhassa, et sont remplacés par des chinois déguisés en nomades qui défilent heureux devant les touristes).

sources: diverses

DREPUNG (3 janvier 2010)

Le 14 mars 2008, des émeutes ont éclaté au Tibet: des moines et des villageois se sont soulevés contre l’envahisseur chinois et des lynchages de chinois Hans ont même eu lieu, déclenchant la colère des autorités qui y a répondu par une répression d’une extrême violence. De nombreuses arrestations s’en sont suivies, des condamnations lourdes (perpétuité, condamnations à mort…) ont sanctionné des tibétains. On nous rapporte les témoignages de nombreuses tortures, et de victimes de bararie qui décédaient suite à leurs blessures (Jamyang Jinpa, …).

Au monastère de Drepung, le 25 avril 2008, 600 moines ont été arrêtés arbitrairement et sortis du monastère avec des cagoules noires, puis ont été enfermés dans une prison militaire afin d’y être ré-éduqués. Depuis ce jour, 42 d’entre eux ont été condamnés. Trois cas méritent d’être mentionnés: JAMPEL WANGCHUK, 55 ans, Maître de discipline, a été condamné à la prison à vie; NGAWANG CHOENI, 38 ans et KUNCHOK NYIMA, 43 ans, maîtres d’écriture ont été condamnés à 15 et 20 ans de prison. Ces trois moines n’ont pas pris part aux émeutes mais sont emprisonnés en raison de leur position et de leur influence sur la communauté des moines de Drepung.

sources: International Campaign for Tibet; Tibet-info.net.

POLITIQUE AGRICOLE: un rapporteur des Nations Unies s’engage (23 décembre 2010)

Olivier de Schutter, rapporteur des Nations Unies sur le droit à l’Alimentation, écrit dans son rapport qu’au regard de la Convention Internationale sur les Droits économiques, sociaux et culturels (ratifiée par la Chine en 2001), les nomades et les agriculteurs ont droit à leurs moyens de subsitance dans toute la Chine. Or, la politique agricole et environnementale actuelle pratiquée par la Chine impose aux nomades et aux pasteurs du Tibet de supprimer leurs troupeaux pour freiner le surpâturage. Les nomades et les paysans sont alors déplacés par milliers et sédentarisés de force dans les faubourgs des villes, sans autre moyen de subsistance.

voir l’article très complet de Tibet-info.net: http://www.tibet-info.net/www/Un-expert-des-Nations-unies-remet.html

LES REFUGIES (18 décembre 2010)

Ce sont tous les ans 2.500 à 3.500 réfugiés qui arrivent à Dharamsala (Inde du Nord). Beaucoup de ceux qui cherchent à s’enfuir meurent en route, du fait des conditions de voyage des fuyards, qui doivent traverser l’Himalaya et éviter les troupes militaires tout au long du chemin et de la frontière.

Le nombre estimé de réfugiés dans le monde est estimé à 200.000. La plupart vivent dans les pays limitrophes du Tibet: Népal, Bhoutan, Inde (plusieurs régions de l’Inde: Laddakh, Sikkim, Karnataka, —-).

Ainsi, de 1980 à 2009, 87.000 tibétains se sont enfuis de leur pays. La plupart sont des enfants qui trouvent refuge dans des villages d’enfants ou dans les nombreux monastères. Cependant, en 2008-9, le nombre de ces réfugiés a considérablement diminué (seuls 650 tibétains ont pu s’enfuir).

NEPAL: Selon certaines sources internationales (Wikileaks), cette baisse serait due aux pressions exercées par les autorités de Beijing sur le Népal pour qu’ils augmentent le nombre des patrouilles aux frontières et pour qu’ils renvoient les fuyards en Chine. Ainsi, le Népal n’offre plus le statut de réfugié politique aux tibétains et, depuis 2001, ils n’ont plus le droit de s’y installer: une fois entré sur le territoire, ils doivent s’enregistrer et partir s’installer dans un pays tiers. L’an passé, ils ont arrêté une centaine de tibétains qui s’y étaient réfugiés en les accusant d’être entrés illégalement au Népal (immigrants illégaux). Récemment, le Népal a arrêté 6 réfugiés venant du Tibet (2 femmes et 4 hommes) malgré le fait que le Népal ait signé la Convention des Réfugiés des Nations Unies.

NB: il apparaîtrait que le nombre de réfugiés serait revenu à la normale, voire même serait en augmentation.

source: ramkshrestha.wordpress.com; wikipédia

CONSTRUCTION DE CENTRALES HYDRO-ELECTRIQUES (7 décembre 2010 - 15 décembre 2010)

Les autorités chinoises vont développer le réseau électrique surtout le Tibet. Pour cela, ils vont multiplier le nombre de centrales électriques. Ainsi, le fleuve Yarlung Tsanpo, qui nait au Tibet et qui traverse l’Inde - Brahmapoutre - et le Bangladesh, a été fermé pour commencer la construction de la centrale hydro-électrique de Zangmu, dans une gorge de 2.500 mètres de profondeur sur 500 km de long. la construction de cette centrale devrait commencer fin 2010 et se terminer en 2014, comporter 6 turbines de 85 KW.

Lorsqu’une construction de barrage est prévue ainsi, comme celle de Phobo (Lhadrung), les villageois sont déplacés d’office, sans toujours être relogés, et ils doivent tout abandonner, sans subvention et sans pouvoir faire leur dernière récolte (témoignage: http://www.hns-info.net/spip.php?article27203).

source: bulletins-electroniques.com; hns-info.net

WIKILEAKS (décembre 2010)

Le site de Wikileaks révèle que les autorités chinoises ont tenté de limiter les mouvements du Dalaï-Lama en faisant pression sur de nombreux pays qui souhaitaient l’acceuillir. Ces pressions ne sont pas seulement d’ordre politique, mais aussi économiques (nb: les pays qui ont reçu le Dalaï-Lama ont vu leurs exportations en direction de la Chine chuter de 8% dans les deux ans qui ont suivi la rencontre officielle), comme ils l’ont fait en 2009 avec les anglais et les français.

Au Népal, le gouvernement chinois paye la police pour arrêter les réfugiés tibétains qui passent la frontière tibeto-népalaise et les leur renvoyer. Il a même demandé au gouvernement népalais de renforcer ses frontières. Rappel: en 1989, les Nations-Unies ont signé un traité selon lequel les réfugiés tibétains avaient le droit d’entrer et de circuler sur le territoire, et le pays leur accordait le statut de réfugié. Pourtant, dès 1989, le Népal a cessé de leur accorder ce statut et depuis peu, ils les renvoient en Chine.

Dans ces pages, Wikileaks révèle aussi que les les associations pro-tibétaines sont visées également, partout dans le monde, et que les autorités n’hésitent pas à tenter de censurer les vidéos et les articles soutenant ouvertement la cause tibétaine.

source: secrettibet.rsfblog.org; wikileaks; tibet.fr

ANNONCE DE LA DEMISSION DU DALAI-LAMA (22 novembre 2010)

Le Dalaï-Lama vient d’annoncer son désir de démissionner de son rôle de Chef Politique du Gouvernement Tibétain en Exil d’ici un an.

Sa décision est motivée d’une part par son grand âge (75 ans) et sa santé qui s’est fragilisée, et d’autre part par le fait qu’il a installé la démocratie parmi les tibétains en exil (il y a un parlement élu par les réfugiés et aussi un chef de l’exécutif, premier ministre - Kalon Tripa - dont la prochaine élection est prévue le 20 mars 2011). De ce fait, le Dalaï-Lama a une succession politique assurée.

Dans son allocution, le Dalaï-Lama indique qu’il souhaite continuer son “métier de moine” ie consacrer ce temps ainsi dégagé à donner des enseignements aux bouddhistes et à porter le message des tibétains à travers le monde entier.