Textes extraits du livre TIBET, collection ” les guides peuples du monde” de C. DEWEIRDT, M. MASSE et M. MONIEZ

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Malgré des découvertes récentes, la préhistoire du Tibet reste encore peu connue. L’importante découverte, dans le district de Tingri, des plus anciens sites paléolithiques et néolithiques du Tibet, permet d’attester la présence humaine 50 000 ans avant l’époque historique.
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Selon la légende, la naissance du peuple tibétain résulte de l’accouplement d’un singe avec une démone des rochers. Six sujets naissent de cette union et fondent six tribus. La tradition situe le berceau de cette humanité près de Tsethang, dans la vallée du Yarlung tsangpo.
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Différentes versions sur l’origine du premier roi cohabitent, mais la plupart semble s’accorder sur l’existence d’un être fabuleux d’essence semi divine, dénommé Nyatri Tsenpo, descendu du ciel grâce à une corde magique.
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L’histoire associe à son règne la création de l’écriture tibétaine, permettant la traduction de littérature sanskrite. Cette période est aussi marquée par l’apogée de la science, de l’architecture, de la poésie et de la peinture. Un premier calendrier est créé et les premières techniques de tissage entrent en usage.
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Mais l’histoire retient surtout ses mariages avec la princesse népalaise Brikuti et la princesse Wencheng, nièce de l’Empereur Taizong. Celles-ci auraient contribué au raffinement du Tibet par l’apport de l’art de l’orfèvrerie et de l’humanisme bouddhique bien développés en Inde, et par l’introduction depuis la Chine du papier, de l’alcool de riz, de la bière, de la soie et plus tardivement du thé.
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Ferventes bouddhistes, les deux épouses introduisent leur religion auprès du roi qui érige à leur intention de nombreux temples comme ceux du Jokhang et de Ramoche à Lhassa.
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Au cours de la première partie du VIIIème siècle les frontières tibétaines restent floues, variant au gré des alliances, des mariages et des combats. Cependant, même si les Tibétains subissent des revers, à aucun moment leur puissance ne peut être fondamentalement remise en cause.
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Sous le règne du roi religieux Trisong Detsen (755-797), qui consacre l’apogée de la monarchie, le bouddhisme se développe à l’intérieur du Tibet en dépit de l’opposition des adeptes de la religion Bön. En 779, Padmasambhava ordonne les 7 premiers moines tibétains et peu après le bouddhisme est déclaré religion d’Etat.
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Au XIIIème siècle, les rivalités entre monastères affaiblissent le Tibet qui, comme de nombreux pays d’Asie, doit composer avec l’empereur Mongol Gengis Khan. Celui-ci réussit à conquérir l’ensemble de la Chine et en 1207, face à de lourdes menaces d’invasion, le Tibet doit lui prêter serment de vassalité.
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Vers 1368, Phagpa, “maître spirituel des grands Yuan” devient le régent du Tibet et établit pour la première fois, un pouvoir théocratique centralisé sur le pays. Durant le règne des Yuan, le bouddhisme tibétain, adopté dès 1260 comme religion par les dirigeants mongols, reçoit toutes les faveurs. Au cours de cette période, les Tibétains se sont affranchis de la tutelle des Mongols, ils établissent ultérieurement des relations avec la nouvelle et brillante dynastie des Mings (1368-1644) qui succède aux Yuan.
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La fin du XIVème siècle marque le point de départ d’une nouvelle ère pour le Tibet. Tsongkhapa fonde l’ordre des Gelugpa ” les vertueux “, ils se livrent de véritables guerres de position avec les Karmapa qui dominent alors le Kham et le Tsang, alors que l’autorité spirituelle des grands monastères est officiellement reconnue par les Ming.
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En 1578, Sönam Gyatso, supérieur de Drepung, se voit conférer le titre de Dalaï Lama “Océan de sagesse” , il effectue de longs voyages à travers le pays gagnant ainsi une population importante à la cause Gelugpa.
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En 1642, Gushri Khan attribue au 5ème Dalaï Lama le pouvoir temporel et spirituel sur l’ensemble du Tibet. En contrepartie, il impose un régent et se réserve le pouvoir militaire. Le 5ème Dalaï Lama investit à son tour une nouvelle autorité spirituelle, en conférant le titre de Panchen Lama “grand maître érudit” à son précepteur. Comme pour les Dalaï Lama, la succession du Panchen Lama, supérieur du Monastère de Tashilhunpo, procède par réincarnation. Au cours de l’histoire, des divergences opposeront ces deux autorités et leurs rivalités s’accentueront à partir de 1920.
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Au XVIIème siècle, l’autorité des Dalaï Lama est définitivement établie. Lobsang Gyatso le 5ème, imprègne fortement l’histoire du Tibet ; érudit et fin politicien, il étend son influence jusqu’aux confins de l’Asie centrale et entreprend notamment la construction du Potala qui devient la résidence des Dalaï Lama jusqu’à l’époque contemporaine.
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Les relations tibéto-chinoises :

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Dans l’histoire ancienne, la domination d’un pays sur l’autre a beaucoup fluctué au gré de la puissance des Dynasties. S’il est vrai qu’à partir de l’époque du roi Songdsen Gampo (VIIème siècle), féru de civilisations chinoise et indienne, et durant une période de quatre siècles, le Tibet imposait sa loi à la Chine, il n’en est pas moins attesté que la Chine (empire Madchou) domina le Tibet, considéré comme un état vassal à partir du XVIIIème siècle.
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1911 voit l’éclatement de la révolution en Chine et l’effondrement de l’empire Mandchou. Les tibétains les expulsent dès 1913, la garnison chinoise de Lhassa et le conseiller de Pékin. Le Dalaï Lama, déclare alors que la vassalité du Tibet, ne concernait que sa relation avec l’empereur et prend fin à la disparition de ce dernier. (Le Dalaï Lama était considéré comme le maître spirituel de l’empereur, puisque le bouddhisme tibétain, sous sa forme professée par l’école des bonnets jaunes, constituait la religion officielle des empereurs Mandchous jusqu’à la chute de leur empire.)
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Le Dalaï Lama proclama l’indépendance du Tibet, en rejetant les prétentions de Yuan Shikai, Président de la toute nouvelle République chinoise. Le gouvernement chinois était alors trop faible pour pouvoir imposer ces prétentions.
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La Grande Bretagne, qui entretenait des relations suivies avec le Tibet depuis 1904, réagit en rejetant les prétentions de souveraineté de la Chine mais en acceptant le principe de sa suzeraineté, situation renforcée par un accord avec la Russie qui reconnaissait à la Chine des Mandchous le droit exclusif de contrôle des relations du Tibet avec les pays étrangers, tandis que les deux puissances déclaraient renoncer mutuellement à toute tentative d’annexion du pays des neiges.
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Mais la proclamation d’indépendance du Tibet en 1913, ne fut pas reconnue officiellement par les autres nations à l’exception de la Mongolie avec laquelle le Tibet signa un accord de reconnaissance mutuelle.
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Le 3 juillet 1914, la Grande Bretagne organisa la conférence de Simla pour tenter de résoudre les problèmes territoriaux et la question du statut du Tibet, mais la Chine se retira des négociations sans ratifier le traité. Il fut alors déclaré que la Chine ne pouvait plus se prévaloir d’aucun privilège ni aucune revendication face au Tibet qui gardait son indépendance. Durant cette période, aucune tentative d’ingérence de la Chine ne fut enregistrée. Bien plus, à cause de l’anarchie qui sévissait en chine, l’influence de Lhassa s’étendit en direction du Tibet oriental, et le gouvernement de la province du Sichuan ne put s’opposer militairement à l’expansion tibétaine jusqu’en 1931.
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Durant toute la période d’indépendance “de fait”, les ecclésiastiques, uniquement soucieux de préserver leur pays des influences extérieures et excessivement attachés à des structures médiévales, négligèrent d’agir pour assurer au Tibet indépendant une reconnaissance internationale. Il semble clair que l’attitude de repli sur soi et de xénophobie, affichée principalement par le haut clergé, a été une cause importante du manque de réactions des états souverains vis-à-vis des actions chinoises dans un Tibet isolé et méconnu sur le plan international.
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En 1949, le pouvoir communiste est installé par Mao Tsé-tung. Le 6 octobre de l’année du tigre de fer (1950), 40 000 hommes commandés par le général Zhang Guohua traversent la Yangtse en huit points, et pénètrent au Tibet pour le libérer de l’emprise des forces impérialistes “. L’armée tibétaine ne comptant pas plus de 8 500 hommes est écrasée en une dizaine de jours à Cjamdo. Le 26 octobre la Chine annonce au monde la ” libération ” du Tibet. Le 7 novembre, le gouvernement de Lhassa décide de faire appel à l’ONU mais le représentant de Formose et le représentant de l’URSS reconnaissent l’appartenance du Tibet à la Chine, tandis que la Grande Bretagne annonce qu’elle n’est pas capable de clarifier le statut du pays des Neiges, et que l’Inde presse le gouvernement tibétain de trouver une solution pacifique.
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En mars 1959, éclata la révolte de Lhassa qui entraîna la fuite définitive du Dalaï Lama, alors âgé de 23 ans, vers l’Inde. Après l’écrasement de la révolte qui fit des milliers de morts, il n’existait plus de gouvernement tibétain dans le pays. 100 000 Tibétains choisirent de s’exiler. Durant les années qui suivirent, le Tibet connut sa première période de famine… les témoignages de ce qui arriva ensuite sont nombreux, les rescapés des geôles chinoises ont écrit beaucoup d’ouvrages à ce sujet.
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